album/Jeunesse

Et si vous laissiez sa chance au hasard ?

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Cette histoire commence, petit à petit, page après page, par une petite fête chez Nour avant son déménagement. La lumière qui passe à travers les fenêtres réchauffe la nuit colorée au dehors. On aimerait tant s’y glisser dans cet instant si chaleureux. D’autant plus que chaque personnage, que nous avons déjà rencontrés dans les précédents albums de la tétralogie (dont celui d’Öko), racontent chacun leur tour leur dernier rêve… Une plongée douce et onirique à laquelle on ne peut résister.

« Nour aime les instants rares et pour les garder plus longtemps, elle les note dans un carnet. »

Oh ! Comme on aime nous aussi ces instants rares de lecture que nous offre Mélanie Rutten ! Avec subtilité et sagesse, elle a véritablement l’art de dire l’amour qui flotte, celui encore inavoué, qui fait rosir les joues et palpiter le coeur. Elle décrit avec justesse toutes ces petites choses grâce auxquelles la vie est plus facile, lorsqu’on y prête un peu d’attention : cétoines dorées, bourgeons timides, pluie de pollen, ou tous ces petits objets qui racontent la vie.

« À l’intérieur de sa maison, tout est en mouvement. Des objets sont étalés partout. Certains parlent du passé – la théière de sa grand-mère – et d’autres du futur – les carnets à remplir. »

164_Nour1La méthode de Nour pour faire ses cartons raconte à elle toute seule les moments simples qui jalonnent la vie : « des caisses pour les choses bleues, pour les choses douces et d’autres pour les choses fragiles. Parfois, certaines sont bleues, douces et fragiles. »

L’album porte bien son nom : l’histoire de Nour raconte la patience. Celle qu’il faut avoir à la sortie de l’hiver, quand, doucement, les fleurs s’épanouissent : « Tout s’éveille. Lentement. Sûrement. Petit à petit. Pas après pas… ». Celle qu’il faut avoir pour attendre une surprise, qui arrivera, le moment venu…

« Alors, Nour lit. Page après page. Elle écoute de la musique. Note après note. Elle fait le poirier, comme ça, et tricote. Maille après maille. »

Alors page après page, nous découvrons l’histoire de Nour, avec un léger pincement au coeur qui nous fait chavirer, tant l’auteure arrive à poser les mots, toujours aussi beaux, toujours aussi simples, pour décrire ce qu’il y a de plus beau dans la vie. Tant elle joue si bien et avec finesse de la double page de l’album, pour mieux nous faire contempler un grand paysage, ou mieux suivre du regard le chemin de Nour ou la construction méticuleuse de sa cabane. Mélanie Rutten maîtrise l’ellipse et nous offre une parenthèse dans le temps, pour mieux apprécier les hasards de la nature.  

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« Un jour, peut-être, elle reliera aussi tous ses petits bouts d’instants rares avec un fil, le fil de l’histoire. Elle écrira une histoire. La sienne. Car toutes les histoires sont rares et s’écrivent petit à petit. »

Le Printemps est arrivé. Je vous souhaite sincèrement, comme Nour, d’être entourés d’êtres qui vous aident à poser les pièces manquantes d’un puzzle ; de vous émerveiller des petites choses du quotidien ; de vous lancer sans peur dans de grands changements ; de continuer à aimer ; tout ça en laissant toujours sa petite place au hasard.

© Nour, le moment venu, Mélanie Rutten, MeMo, 2012. Sophie Van Der Linden en parle très bien sur son site. Un avis aussi sur Ricochet

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