album/Jeunesse

Lotte, fille pirate, Sandrine Bonini, Audrey Spiry.

Je m’appelle Lotte. Je suis une fille pirate.” 

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Comment résister au large sourire de Lotte, à l’épaisse chevelure blonde ? Enfant farouche vivant dans une ferme reculée de la savane, Lotte a construit une merveilleuse cabane au fond de la jungle, terrain de jeu rêvé. “Une fille pirate ne s’ennuie jamais : elle peut se rouler dans le sable, courir, sauter et même rugir !”. Sous les traits éclatants, colorés et vivants d’Audrey Spiry, nous rencontrons une petite fille lionne qui sait parler à l’oreille des animaux sauvages, accompagnée d’un toucan majestueusement coloré qui la fait virevolter le soir, au milieu des arbres.

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 “Moi, depuis que je suis toute petite, je m’entraîne à vivre et à parler avec la forêt tout entière !” : grâce à cette patience et à l’écoute attentive de la nature qui l’entoure, Lotte collectionne de nombreuses amulettes, dont un collier de scarabées avec des perles de poils de lion, dans un repaire qu’elle garde secret avec son meilleur ami Igor, le toucan.

Nul ne sait où se trouve notre repaire secret et pour dire vrai, nous ne souhaitons rencontrer personne. Avec Igor, nous inventions sans cesse des rites mystérieux et des danses sacrées. Notre cabane est un théâtre où nous répétons des cérémonies magiques, rythmées par le chant des crapauds-buffles. Dans cette frénésie, nous devenons tour à tour humains, animaux, esprits de la nature… Nous finissons épuisés mais heureux, dans cette cachette qui n’appartient qu’à nous.

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Mais une nouvelle famille va s’installer à la ferme et Lotte entre dans une colère furieuse ! Il ne serait pas étonnant d’apprendre que c’est elle, avec toutes ses émotions vrombissantes dans le ventre, qui a déclenché ce violent orage qui aura raison de sa belle cabane tout de matelas et d’oreillers. Hélas, on aimerait oublier cette fin un peu rapide, à laquelle on peut ne pas trop croire… Si certains seront ravis d’un romantisme un peu mielleux, ils en seront tout aussi étonnés que ceux qui auraient préféré, peut-être, une grande amitié. Car une fille pirate, si sauvage et indépendante, une enfant perdue de la jungle, vraie casse-cou et aventurière, cette Lotte que l’on nous dépeint sur plus de la moitié de l’album, cette enfant qui pense justement qu’il faut de la patience pour apprivoiser un être, “Cela demande du temps, tu sais, on n’apprivoise pas quelqu’un en cinq minutes”… Cette petite fille là ne peut pas tomber si rapidement dans les bras d’un garçon qui la trouve, fait mine de la sauver – oui ! Lotte s’en est bien sortie toute seule – et lui susurre des mots doux à l’oreille. Je n’y crois pas, à cette fin. Je crois en cette petite fille malicieuse et agile, reliée aux forces de la nature, patiente et attentive, courageuse et virevoltante, flottante au dessus des flammes.

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© Lotte, fille pirate, Sandrine Bonini, Audrey Spiry, éditions Sarbacane, 2014.

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