album/Jeunesse

Le chien que Nino n’avait pas.

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À l’orée de la forêt, un chemin nous mène vers Nino. Nino est un petit garçon qui a un chien, mais qu’il n’a pas. On le rencontre la nuit, la Lune est pleine, les étoiles filent. Et Nino est là, assis derrière un petit rocher. Il regarde son chien. Ce chien qu’il n’a pas, dessiné en transparence. Il nous apparaît petit à petit, il est toujours près de Nino, un ami imaginaire fidèle qui court après les écureuils, saute sur les genoux de sa mamie, plonge dans l’eau du lac. Un chien qui devine les peines de son jeune maître et sait le consoler.

 

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Le chien que Nino n’avait pas aimait les larmes. Il les trouvait délicieuses. Salées”.

Sous ces traits abruptes mais délicatement bleutés, il paraît vivant, bien vivant (!) ce chien, que Maman ne voit pas. Maman croit qu’en offrant un chien à Nino, alors le -clébard-imaginaire-mais-pourtant-si-vivant-mais-oui-!- s’envolera ; Maman pense que Nino sera content. Elle n’a pas tout à fait tort. Le petit paraît réticent, ce chien qu’il a maintenant n’aime pas grimper aux arbres ni plonger dans l’eau. Mais ce n’est pas grave, et même s’il ne monte pas sur les genoux de Mamie, Nino et lui s’amusent à en avoir peur. Seulement, malgré leur complicité, une vraie-de-vraie, que tout le monde peut voir, le chien que Nino a maintenant ne peut pas comprendre ses peines. Son papa est loin, il regarde les étoiles sur le toit, et le petit chien, impuissant, le regarde à la fenêtre, alors que son regard vogue loin, très loin, de l’autre côté du monde. Mais ce n’est pas grave… Nino saupoudre un peu sa maison d’un bouillon terrible d’imagination débordante ! Un caribou, un zèbre, plein de chiens, une girafe, un ours !

L’oreiller proche du planisphère, la Lune bien ronde comme veilleuse, Nino est endormi auprès des deux chiens et de tous les autres animaux qu’il a, mais qu’il n’a pas. Une nuit, les rêves, une belle façon de terminer un riche album tiraillé entre l’imaginaire et le réel. L’histoire émouvante d’un petit garçon curieux -oui, on le devine, ça se sent, c’est là, ça se voit dans son télescope et ses avions-. Un petit garçon qui a trouvé comment pousser les portes de l’imaginaire dans son petit cerveau, qui claque contre les parois de son crâne avec une force terrible, pour tenter de combler un Vide, pour ajouter au monde ces petits quelques choses qui lui manquent.

Ca fume, ça déborde, c’est beau. Très beau, Nino.

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© Le chien que Nino n’avait pas, Edward van de Vendel, Anton Van Hertbruggen, Didier Jeunesse, 2014.

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