album/Jeunesse

L’ébouriffée, Hélène Vignal & Clémence Pollet.

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De longs cheveux tressés se décoiffent en vagues ondulées avant de commencer notre lecture de L’ébouriffée d’Hélène Vignal.

Mais qu’est-ce qu’il y a là dedans ?

C’est exactement la question que je me pose en ayant le livre entre les mains, la quatrième de couverture me promettant une balade incongrue dans la longue chevelure d’une petite fille. Alors on plonge dans la tignasse et on embarque dans le train direction l’ébouriffée avec un arrêt au monde imaginaire et quelques perturbations de trafic dans un gros noeud. À travers ces quelques mots lâchés, “une ou deux salamandres, un litchi, quelques melons et une lampe de poche”, on se demande surtout quels souvenirs se cachent derrière et, peut-être, font-ils en ressortir d’autres enfouis, au fond de nous ? La lampe de poche pour le souvenir des livres lus en douce sous la couette, un peu de chocolat fondu pour le souvenir de la toute première fois où l’on a trempé le doigt dans la casserole en catimini, “et dans le fond, tout derrière, bien caché, un ongle cassé, un lapin rouge, une voiture-balai, quelques boîtes”, des farces et des secrets… et ce “chagrin troué” qu’on a enfoui profondément, pas très loin de ce gros noeud de colère, de remords et de regrets. Heureusement, par dessus lesquels volent les souvenirs teintés de lumière et de joie, “une main, une goutte d’océan Indien, un vélo, une tente sous la pluie…”.

Plus qu’un simple inventaire d’objets, certes, ayant la spécificité de se trouver dans des cheveux, Hélène Vignal dépeint la personnalité d’une petite fille. Le petit train choisi par Clémence Pollet illustre à merveille les méandres vertigineux et sinueux, du cerveau, des souvenirs, des goûts, des émotions, des sentiments, des secrets et des rêves qui créent la singularité de chacun ; les virages des rails rappelant une longue mèche ondulée et les engrenages et rouages des connexions neuronales.

Imaginez la forme de la boite crânienne, son épaisseur, sa dureté, comparez le plan mental à une scène de théâtre sur laquelle évoluent des personnages. Ce sont les images, les pensées. Ordonnez à ses acteurs de se retirer et conservez une seule image. Installez vous dans cette pensée et de ce moment, vous cessez de faire et commencez à être (…) Laissez faire le flux et le reflux. C’est alors qu’émerge l’essentiel : ce que l’on est.” – The Architect, Les pensées.

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 © L’ébouriffée, Clémence Pollet, Hélène Vignal, éditions du Rouergue.

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