Jeunesse/roman jeunesse

Le garçon qui volait des avions, Elise Fontenaille.

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Le garçon qui volait des avions est une fiction inspirée d’une histoire vraie, celle de Colton Harris-Moore. Si vous suivez largement l’actualité, vous voyez certainement de qui je parle. Si vous êtes, comme moi, passé à côté du fait divers, voici quelques explications : Colton Harris-Moore / Colt / Barefoot bandit est devenu l’ennemi public numéro 1 de l’île de San Juan, au large de Seattle, pour – attention, c’est du lourd ! – vols de pizza, vols de glace (de la Häagen-Dazs © nom d’une pipe !), vols de voitures de luxe, vols de bateaux, et, le meilleur pour la fin, vols d’avions. Il vole son premier avion à seize ans et il n’a, bien-sûr, jamais appris à piloter. Ce petit-là il en a dans le pantalon, c’est moi qui vous l’dit !

Ce petit-là vous laissera collé au fauteuil (ou n’importe quel endroit ou vous lisez), c’est un livre comme un bon film sauf que vaut mieux pas manger du pop-corn pour pas en mettre partout (livre dans une main + pop-corn dans l’autre = équation presque impossible). D’ailleurs, l’ancienne journaliste Élise Fontenaille a avoué écrire un livre comme tel, “pour prendre la main du lecteur et ne pas la lâcher” avec “un temps de lecture égal à un temps passé au cinéma”. C’est un livre cinématographique, voilà, le mot est lancé. Du temps très court de lecture jusqu’à la mise en situation des personnages et du décor à chaque début de chapitre, comme un bon scénario. Les différentes séquences découpées par personnages (Colt, sa mère Mo, Helen la femme-flic, les voisins enragés) laissent deviner, malgré leur petitesse, nombre de scènes palpitantes et merveilleuses, de par leurs couleurs, leurs paysages et les sentiments du garçon aux pieds nus.

J’ai réussi à voler un petit hydravion rouge dans les Rocheuses… J’ai plané tout l’après-midi, je me suis posé le soir sur un lac bleu vert, une couleur fantastique, à vous crever les yeux… J’avais bien préparé mon coup, j’ai amerri en douceur, je connais rien de meilleur que de se poser gentiment sur l’eau… Un grand-père et son petit-fils pêchaient la truite à la mouche, la tête qu’ils ont faite quand il m’ont vu débouler… Le môme m’a reconnu tout de suite… Il a pointé son doigt vers moi, en tirant la manche de son grand-père : “C’est Colt pépé, c’est Colt ! Celui dont je t’ai parlé : j’ai vu sa photo à la télé ! Je te jure que c’est lui : le voleur aux pieds nus !”– p.25, éditions du Rouergue

J’étais incapable de lâcher ce petit, et si j’en étais obligée j’y pensais sans arrêt. Colt est vraiment un gars attachant comme pas beaucoup, qui a décidé de “faire la guerre aux flics” depuis un fâcheux et ridicule évènement et il a tenu parole. Peut-être la certitude de savoir que ce personnage de papier est bien vivant, en chair et en os, le rend encore plus attendrissant. Peut-être l’envions-nous un peu aussi ? Comment résister à un garçon qui, non seulement, tient parole mais sait aussi survivre seul dans les bois et rêve de s’envoler ? Comment résister, de toutes façons, à un roman dédié à tous les enfants perdus ?

Un livre à mettre entre toutes les mains adolescentes (et pour tous les enfants perdus bien-sûr), car au-delà de l’histoire de Colt, un garçon bien trempé, il permet de se poser une minute pour penser : quel est mon rêve ? Qu’ai-je envie de faire ? Et si j’étais assez fort pour le réaliser ?

Vingt-quatre mois, sept cents jours, autant de nuits.
Je ne sais plus ce qui est le plus long, finalement : le jour ou la nuit ? Je vis caché dans l’ombre des grands arbres, même en plein jour ici il fait sombre, je m’assieds au milieu d’une clairière, dans une flaque de soleil, les aigles m’épient, je regarde les avions rayer le ciel, j’attends le jour où moi aussi je grifferai les nuages… Dans le silence de ma tête, je m’appelle Aigle Noir.
– p.13, éditions du Rouergue, coll. “doAdo”.

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