Littérature étrangère/Romans

La Marche de Mina, Yoko Ogawa.

imageL’histoire paraît simple à la lecture de la quatrième de couverture. Tomoko, une petite fille de douze ans doit aller vivre chez sa tante suite au décès de son père et au départ de sa mère pour Tokyo. Tomoko découvre une nouvelle culture, un nouveau mode de vie et s’attache rapidement aux personnages singuliers qui vivent dans la grande demeure occidentale d’Ashiya où elle habitera un an. Elle y rencontre son oncle, un très bel homme fascinant et incroyablement beau ; Grand-Mère Rosa, d’origine allemande ; Madame Yoneda, la cuisinière-nounou ; Monsieur Kobayashi, le jardinier ; son cousin Ryuchi, parti étudier en Suisse et enfin, sa cousine Mina.

Un dernier habitant – et de taille ! – rythme les journées dans la maison d’Ashiya, mais dévoiler son identité serait vous gâcher le plaisir de la découverte de la marche – si singulière et belle – de la petite Mina. Même si ce dernier est quelque peu dévoilé par le résumé de l’éditeur (c’est un hippopotame nain), de nombreuses découvertes autour de ce petit être m’ont surprises et émues au cours de ma lecture. Je vous les souhaite donc, et n’en dis pas plus même si j’en crève d’envie.

Le récit est truffé de fantastiques surprises, ordinaires mais fantastiques. Yoko Ogawa métamorphose le quotidien en merveille, à la limite du magique – il suffit de lire comme elle décrit si bien la manière si délicate qu’a la petite Mina de gratter les allumettes !

J’étais fascinée. Je me rendais compte pour la première fois à quel point la flamme d’une allumette était transparente. J’avais l’impression que, sans la légère odeur de phosphore qui restait, j’aurais pu tomber dans l’illusion que Mina apportait la lumière par magie ou que si les flammes étaient aussi claires, c’était peut-être parce que seul son index brûlait.– p.96, éditions Babel

J’espère retrouver cette plume au prochain livre de la même auteure que je lirai, et je n’en doute presque pas tant l’écriture et les mots sont posés avec justesse et finesse. Ça paraît simple, mais Yoko Ogawa réalise un tour de maître/écrivain/magicien en nous téléportant où elle le souhaite dès les premières phrases. Et qu’importe le lieu où nous atterrissons, il sera rassurant, empli d’une lumière douce et chaleureuse. Oui, La Marche de Mina est empreint d’une luminosité exemplaire, spectaculaire et naturelle à la fois. La lumière nous enveloppe, nous transporte et nous réchauffe.

Vous l’aurez compris, je suis littéralement tombée sous le charme de l’histoire de cette famille et de chacun de ses membres, jusqu’à avoir l’envie de les rencontrer pour de vrai (quelle frustration !). Et pour couronner le tout, l’auteure m’a fait aimé le volleyball le temps de quelques chapitres, alors que j’avais une sacré rancune contre lui depuis qu’il m’avait écrasé le petit doigt au même âge que Tomoko.

Je pourrais vous en dire encore et encore, en parler pendant de longues heures, mais le mieux est que vous vous plongiez dedans sans plus attendre.

Quand j’ouvrais les rideaux, le bout du jardin brillait de rosée, et à la limite du ciel au lointain, j’apercevais l’étendue de la mer. Pochiko devait être encore en train de rêver sur sa litière au creux du tertre. Seuls les petits oiseaux gazouillant avec vivacité buvaient au bord du bassin. Je sentis la présence de madame Yoneda en train de préparer le petit déjeuner à l’étage au-dessous. J’entendais aussi s’arrêter devant la porte de service la camionnette de la boulangerie B qui livrait les baguettes chaque matin. Ce bruit suffisait à me donner l’impression que flottait alentour la bonne odeur de pain frais. Le soleil matinal paraissait bénir le monde avec égalité. – p.72, éditions Babel

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s